La réindustrialisation : évidence ou illusion ?

La France se mettrait-elle à adorer ce qu’elle avait autrefois dénigré : l’industrie ? Elle ne serait pas la seule. De l’Europe aux Etats-Unis, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le centre libéral, une ébauche de consensus tend aujourd’hui à s’imposer sur la nécessité de se réindustrialiser. Les uns y verront la réhabilitation des interventions de l’État, d’autres l’occasion de retrouver une souveraineté abîmée, d’accélérer la transition écologique, de revitaliser des territoires délaissés, de créer des emplois, de gagner en productivité, etc. Pourtant, si on peut s’entendre sur la réalité et les conséquences de la désindustrialisation, la « réindustrialisation » est-elle le bon concept pour inspirer les politiques ?

Thomas Piketty, Donald Trump et les importations chinoises

J’ai été très étonné d’entendre, sur les ondes de France Inter, Thomas Piketty, économiste de gauche, lu et reconnu dans le monde entier, faire sienne la théorie trumpienne du commerce international. Si je ne crois pas avoir entendu le terme de « déconnexion », il s’agit bien pour lui de réduire le déficit commercial de la France avec la Chine par une augmentation des droits douane. Après tout, la gauche et les syndicats américains avaient soutenu la politique protectionniste de Trump que son successeur, Joe Biden, n’a pas remis en cause.

Il y a cinquante ans : la fin du système de Bretton Woods

Le 15 août 1971, il y a juste 50 ans, le président Nixon annonçait, dans une allocution télévisée, la suspension de la conversion en or du dollar et une taxe de 10 % sur les importations, reversée aux exportations, améliorant ainsi la compétitivité des produits américains.

Keynes, le « Lappin » de Virginia Woolf ?

En avril 1939, Harper’s Bazaar publiait une très courte nouvelle de Virginia Woolf, « Lappin et Lapinova » mettant en scène un couple marié dont l’amour se délite avec la fréquentation de l’insupportable famille du Monsieur et finit par se briser quand s’épuise leur petit jeu anodin qui consiste à … imiter le lapin qui remue le nez en mangeant. Lappin et Lapinova pourraient très bien être inspirés par Maynard et Lydia Keynes.

Esther Duflo, « Un grand moment keynésien ». Oui, mais lequel ?

Pour beaucoup, y compris pour notre talentueuse Prix Nobel, ce « moment keynésien » ne peut être que celui d’un retour redouté au chômage de masse dû à une insuffisance de la demande. La politique économique adéquate serait alors « keynésienne » et passerait par une augmentation des dépenses publiques pour soutenir la demande. Pourtant, comme l’a rappelé récemment le biographe de Keynes, Lord Skidelsky[1], il existe un autre grand moment « keynésien », un peu oublié mais sans doute plus pertinent aujourd’hui. C’est celui de la mise en place d’une économie de guerre. On doit alors remiser la Théorie générale (1936) pour ouvrir How to Pay for the War (1940) qui en prend l’exact contrepied. Comme aurait dit Keynes lui-même (mais c’est une citation sans doute apocryphe) : « Quand les faits changent, je change d'idée. Et vous, que faites-vous, Monsieur? ».

L’avenir des traités commerciaux

Télécharger (pdf) Texte complet En savoir plus Le libéralisme des traités commerciaux est un malentendu qui s’est confirmé paradoxalement avec la libéralisation des échanges sur une base certes multilatérale mais aussi, pour les pays en développement, unilatérale. Auparavant, l’expérience des années 1930 avait promu une conception opposée qui voyait dans les traités bilatéraux des « blocs … Lire la suite L’avenir des traités commerciaux

La mise à mort de l’Organisation Mondiale du Commerce

Les sept juges de l'organe d'appel. Mais c'était avant.... A partir de ce mercredi 11 décembre, la procédure de règlement des différends de l’Organisation Mondiale du Commerce ne pourra plus fonctionner. Pourquoi ? Parce que cette instance normalement composée de 7 juges n’en comptera plus qu’un seul alors qu’ils doivent être trois pour conclure un recours. … Lire la suite La mise à mort de l’Organisation Mondiale du Commerce

Brexit : une usine à gaz explosifs

La réaction initiale au texte adopté par le Conseil européen le 17 octobre laisse entrevoir la possibilité d'éviter un No Deal. Cependant, le texte est critiqué comme étant un rafistolage complexe avec des conséquences incertaines pour l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.

Nomination de Kristalina Georgieva. Pourquoi le FMI est-il toujours dirigé par un (e) Européen(ne)?

La nouvelle Directrice Générale du FMI, Kristalina Georgieva, économiste bulgare, succède à Christine Lagarde. Le FMI et la Banque Mondiale furent créés en 1944 par les accords de Bretton Woods pour définir le système monétaire international. Suite à des soupçons d'espionnage soviétique, l'Américain Harry Dexter White, avait été évincé de la direction du FMI. Cette situation a conduit une direction européenne du FMI jusqu'à aujourd'hui.